La Joie d'aimer

Auteur: 

Benedicte
Portrait de Benedicte

La Joie d'aimer

Le témoignage encourage au témoignage. A l’occasion de la projection du film « La Joie d’Aimer », film tourné à Dublin l’été dernier lors de la rencontre mondiale des familles avec le pape François et projeté à Sophia Antipolis le 23 Avril dernier, des couples de notre paroisse, de différentes générations, ont spontanément pris la parole pour témoigner de ce qu’ils ont vécu à leur « semaine CANA », l’an dernier, il y a 3 ans, 10 ans ou plus de 20 ans. Ils sont heureux de raconter car les fruits sont encore là.

Aujourd’hui comme hier, l’amour vrai se construit à l’épreuve du temps. Mais aujourd’hui, plus qu’hier sans doute, il doit renoncer à l’esprit de consommation, un esprit qui a gagné tous les domaines de notre vie. Dans son exhortation apostolique, Amoris Laetitia, le pape François pointe du doigt cette société du « tout jetable », cette culture du provisoire dans laquelle nous sommes pris malgré nous. Nous nous connectons et déconnectons de l’amour, au gré des humeurs qui changent, en quête d’un bonheur qui sans cesse nous échappe. Mais qu’en est-il de notre désir profond ?

Marek et Monica, mariés depuis 27 ans, ont peut-être trouvé la réponse. Ils parlent de leur couple comme d’une aventure tumultueuse au cours de laquelle ils sont devenus étrangers l’un à l’autre, incapables de se rejoindre. A quarante ans, Marek n’attendait plus rien de son couple. Aujourd’hui, s’il regarde en arrière, il comprend qu’il s’agissait surtout d’une impossibilité à communiquer. Tous deux ont alors esquissé un pas vers l’autre, comme ceux qu’ils tracent sur la piste en dansant le tango argentin, et ils ont retrouvé le souffle de leur amour originel. Pourquoi le tango ? Parce que, dit Marek, « dans le tango il faut faire en sorte que votre partenaire se sente bien. Il faut prendre soin l’un de l’autre, il faut se sentir mutuellement. C’est une école de communication ».

La communication c’est le premier défi auquel les couples sont confrontés. Un défi d’autant plus difficile à relever que le monde d’aujourd’hui va très vite. Vie professionnelle et vie familiale ont du mal à s’ajuster, et chacun aspire à un épanouissement  personnel. Concilier ces différents aspects implique souvent de réorganiser son emploi du temps pour que la relation de couple soit première, pour relire ensemble ce que l’on vit. Rebecca et David en ont fait l’expérience très concrète : « Nous étions un couple qui ne communiquait pas du tout. Il y a eu beaucoup de souffrances ». Ce qui a restauré leur amour ? Le pardon. « L’idée, c’était de remettre Jésus au milieu de nous, donc de réapprendre à se parler, s’écouter, et surtout se pardonner ».

Le pardon, sans doute la plus grande force au monde capable de faire fleurir le désert et de changer notre regard sur l’autre. « Personnellement, j’étais très douée pour voir ce que l’autre devait changer en lui, mais je n’étais pas douée pour voir ce que j’aurais pu changer en moi ». Ce qu’explique Nathalie mariée à Markus depuis 20 ans, a quelque chose d’universel. En cas de conflit, le conjoint est souvent perçu comme l’ennemi à abattre, alors que chercher ensemble les moyens de combattre ce qui nous divise, voilà ce qui permet de ré accueillir l’autre tel qu’il est.

Le chemin de la réconciliation tient en quelques mots très simples : merci, pardon, s’il te plait. Ils sont valables dans toutes les cultures, sous toutes les latitudes. Trois petit mots comme des outils à la disposition de chacun d’entre nous.

Ces outils sont employés depuis longtemps dans les « semaines CANA ». L’amour, ça s’apprend. L’amour est un aujourd’hui perpétuellement à reconstruire. Ainsi, les équipes de CANA ont mis au point une pédagogie destinée à accompagner les couples dans leur cheminement. Il est bien sûr hors de question de plaquer des solutions toutes faites, mais plutôt de développer de l’écoute mutuelle, d’aider à trouver les bonnes attitudes pour avancer ensemble, en fonction de chaque histoire particulière. Tout cela pour mieux s’aimer, pour davantage s’aimer.

L’exhortation du pape Amoris Laetitia a d’ailleurs été perçue comme un encouragement. « Quand on a reçu ce document, on s’est dit, « mais c’est une confirmation de tout ce qu’on propose depuis 40 ans ! » s’exclame Gilles Cormier, responsable avec son épouse de CANA International. Un document qui fait bouger l’Eglise et emploie un ton sans langue de bois dirait-on. Il part au contraire de la situation très concrète des familles et n’hésite pas à aborder des questions très intimes.

En matière de sexualité par exemple, les catégories de « permis-défendu » ont été bannies. Ce que le pape veut nous faire découvrir, c’est une loi d’amour. Oui la sexualité est belle, oui la sexualité est un don merveilleux fait aux créatures et ne se limite pas à la procréation.

Pour Markus, la sexualité est un domaine très important, c’est aussi un lieu de combats. Mais la vie avec Dieu a donné à cette dimension une profondeur plus grande. C’est comme une prière que nous vivons. C’est quelque chose de très beau ».

Comme le vin de CANA, l’amour peut se bonifier au fil des ans. Et la joie d’aimer se renouveler sans cesse. Ainsi peut-on vivre en famille un vrai chemin de sainteté, comme l’exprime le pape François :
« La vocation à l’amour et à la sainteté n’est pas quelque chose de réservé à quelques privilégiés. Même maintenant, si nous avons des yeux pour voir, nous pouvons l’apercevoir autour de nous. Elle est silencieusement présente dans le cœur de toutes ces familles qui offrent l’amour, le pardon et la miséricorde et qui le font tranquillement, sans sonneries de trompettes… »  

Voir le film « La Joie d’Aimer » :
https://www.netforgod.tv/fr/home/films/5c3b63ce39658880474009b6/la-joie-d-aimer-

  

 

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