Vivre le Pardon de Dieu

Vivre le Pardon de Dieu

Dans le confinement, recevoir le pardon de Dieu…

En ce carême 2020, nous vivons un confinement que nous n’aurions pas imaginé, il y a encore quelques semaines ! Dans notre paroisse, ce samedi 4 avril, nous avions prévu une journée pour recevoir le sacrement de réconciliation. Or, pour des raisons d’ordre sanitaire, ce ne sera pas possible de recevoir le sacrement de réconciliation comme vous le vivez habituellement. Plusieurs m’ont demandé : Que faire alors ?

Nous avons reçu quelques indications de la part du diocèse que j’aimerais vous partager. Vous avez peut-être aussi entendu ce que le pape François lui-même a déclaré à ce sujet dans son homélie de la messe du 20 mars à la chapelle Sainte Marthe à Rome.

Il rappelait que le carême est en lui-même tout entier centré sur la conversion du cœur. Ces 40 jours nous sont donnés pour changer notre cœur en accueillant davantage la miséricorde de Dieu, j’allais dire, en intégrant, en vivant davantage le pardon de Dieu pour nous-mêmes, et dans toutes nos relations… Le Pape François était très clair. En évoquant le catéchisme de l’Eglise Catholique que chacun peut relire, il disait : "Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle à Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : "Seigneur, j’ai fait ceci, cela, et cela… Pardonne-moi ! Demande-lui pardon de tout ton cœur, avec l’acte de contrition, et promets-lui : je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant". Et immédiatement, vous reviendrez à la grâce de Dieu ; … Et il ajoutait, un peu plus loin : "Si vous ne pouvez pas avoir un prêtre à portée de main, votre âme redeviendra blanche comme la neige".

Pour ceux qui voudraient approfondir la question, je les renvoie, comme le Pape nous l’indique, vers le catéchisme de l’Eglise catholique, notamment aux n° 1451-52 ; 1484. Le paragraphe 1484 précise que "la confession individuelle demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Eglise, sauf si une impossibilité physique ou morale dispense d’une telle confession". Avec la crise du coronavirus, nous sommes bien, actuellement, dans cette impossibilité.

On m’a posé aussi la question : "Est-il possible de recevoir le sacrement de réconciliation par téléphone ou par internet ?" La réponse est : non, car un sacrement se vit dans une relation directe et concrète. Par exemple, je ne peux pas baptiser quelqu’un par téléphone, à distance. Le sacrement suppose la présence concrète des personnes concernées.

Mais cette question a le mérite de valoriser la confession de désir, qui ouvre vraiment au pardon de Dieu, comme la communion de désir, la communion spirituelle, ouvre à une véritable union avec le Seigneur, comme le baptême de désir peut, dans certaines conditions, être un vrai baptême.

Alors, concrètement, comment faire, comment accueillir le pardon de Dieu dans ces circonstances exceptionnelles ?

Pour vous préparer à l’avance, pourquoi pas, seul ou en famille, regarder un bon film sur le pardon ? il y en a pas mal : War Room, la cabane, et d’autres… à discerner en fonction de l’âge de chacun, bien sûr ! On peut se donner de bonnes idées de films les uns aux autres…

En attendant de vous confesser dès que ce sera possible, je vous propose une manière, parmi d’autres, pour accueillir la grâce du pardon du Seigneur. Il s’agit d’entrer dans un vrai dialogue avec Dieu, une vérité du cœur devant lui, un désir sincère de lui demander pardon, et de s’ouvrir à sa grâce qui nous relève :

1) Vous pouvez, tout d’abord, vous mettre à part, dans un lieu favorable, devant une croix, une icône, une bougie, tout ce qui peut vous aider dans la prière.

2) Vous pouvez faire lentement le signe de croix, vous mettre en présence de Dieu qui vous aime comme un Père.

3) Vous pouvez lire un texte de la Parole de Dieu et le méditer. Par exemple : le prophète Osée, chapitre 14, les versets 2 à 10. C’est le texte que le Pape François commentait dans son homélie du 20 mars : un texte où Dieu nous révèle sa tendresse, sa compassion qui nous permet de porter de bons fruits. Vous pouvez aussi relire la parabole du fils prodigue, dans l’Evangile selon Saint Luc, chapitre 15, versets 11 à 32, un texte qui peut toujours nous parler de manière nouvelle. Je pense aussi à cette rencontre de Jésus avec Pierre au bord du lac de Tibériade, après sa triple trahison (dans l’Evangile selon Saint Jean, chapitre 21, versets 15 à 18). Jésus lui pose 3 fois cette question : "Pierre, m’aimes-tu ?" Il lui redonne toute sa confiance… Vous pouvez prendre un psaume de confiance en Dieu (par exemple le Psaume 34 ou 146), ou tout autre texte de la Parole de Dieu que l’Esprit-Saint vous mettra au cœur.

4) Prenez le temps de rendre grâce au Seigneur pour son amour qui vous précède, son amour qui vous est assuré en toutes circonstances…

5) Vous pouvez faire, pendant quelques instants, une relecture de votre vie, avant, ou pendant le confinement, en demandant à Dieu de vous éclairer. C’est l’Esprit-Saint, en effet, qui nous révèle notre péché, c’est-à-dire tout ce qui blesse l’amour de Dieu et des autres. C’est dans sa lumière que nous pouvons regarder nos ombres. Cela peut être dans notre relation à Dieu : l’oubli de la prière, l’indifférence au Seigneur, la tiédeur, le manque de louange et de gratitude pour son amour… ; cela peut être dans la relation aux autres : dans la relation conjugale, familiale, sociale, dans notre vie professionnelle, dans toutes nos relations ; et cela peut être aussi dans la relation à nous-mêmes, la recherche de plaisirs superficiels, être trop centré sur soi-même, l’attachement excessif aux biens matériels, etc.

Un moyen de balayer l’ensemble de nos relations peut être de repartir de nos 5 sens :

- Le péché du regard : la convoitise, le regard impur, la dureté, le regard qui juge et condamne, l’orgueil…

- Le péché de l’oreille : la non-écoute de mes proches, des autres, de Dieu… Une oreille complaisante aux "ragots", aux critiques faciles…

- Le toucher, les gestes… Les mains sont le symbole de mes actions… Le péché des mains avec lesquelles, parfois, j’agis mal, la violence… Plus largement, le péché dans mes actions…, ou le péché par omission : refuser un service, une aide, une attention… On peut penser aussi à l’impatience ou l’agressivité dans mes attitudes, surtout en cette période de confinement, pas toujours facile à vivre…

- Le goût : la relation désordonnée avec l’alimentation ; mais le goût est en rapport aussi avec la langue : le péché dans les paroles inappropriées, qui blessent, le mensonge, les demi-vérités, le mépris, les moqueries, la médisance, le mauvais usage des moyens de communication, internet ou autres…

- Et puis, l’odorat. Là, c’est peut-être moins évident, quoique… Saint Paul nous appelle à répandre autour de nous la "bonne odeur du Christ" (2 Co 2,15). Quelle genre d’atmosphère je répands autour de moi ? une atmosphère de tristesse ou de joie, de découragement ou d’espérance ? de bonne humeur ou de pessimisme ? de paix ou de zizanie ?

Ce ne sont là que quelques pistes… L’Esprit-Saint vous montrera sûrement d’autres choses…

6) Après cette relecture, prenez le temps de lui dire : "Seigneur, j’ai fait ceci, cela… je le regrette vraiment".

7) Puis, demandez-lui pardon de tout votre cœur. Et, dîtes sincèrement un acte de contrition. Ça peut être celui-ci :

"Mon Dieu, j’ai un très grand regret de t’avoir offensé, parce que tu es infiniment bon et que le péché te déplait. Je prends la ferme résolution, avec le secours de ta sainte grâce, de ne plus t’offenser et de faire pénitence."

ou bien :

"Père, j'ai péché contre toi et mes frères. Je ne suis pas digne d'être appelé ton enfant. Mais, près de toi se trouve le pardon. Accueille mon repentir et donne-moi la force de ton Esprit pour vivre dans ton amour en suivant ton fils, Jésus, mon Seigneur".

8) Vous pouvez terminer par un Notre Père, lui rendre grâce pour son pardon… Vous pouvez aussi lui confier tous ceux qui souffrent dans leur corps, leur cœur ou leur âme… avant de tracer lentement, à nouveau, sur vous, le signe de la croix.

Cette démarche, vous pouvez la vivre seul(e), personnellement. Mais peut-être qu’elle est possible en famille… Vous pouvez prendre le temps d’en parler ensemble, à vous de voir… Mais, attention, il ne faut rien imposer ! et pour respecter chaque personne, chaque enfant, il est important, même si le cadre que j’ai donné peut aider à le vivre, que chacun "fasse sa confession personnelle" dans son cœur, en silence, seul avec son Seigneur ! Dans tous les cas, il est important que tous le vivent comme une expérience de joie et d’amour avec le Seigneur !

Par la suite, vous verrez bien si l’Esprit-Saint vous y conduit, le Seigneur vous donnera peut-être de "prolonger" ce pardon reçu, en posant, pourquoi pas, un geste de paix, d’encouragement ou de réconciliation avec d’autres, dans votre entourage, une demande de pardon avec quelqu’un de la famille... Laissez-vous guider par l’Esprit-Saint, c’est lui qui nous éclaire dans la douceur et dans la paix !

Que le Seigneur vous donne à tous de goûter sa miséricorde !

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.